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LE FAIT MAISON, OU LA REVOLTE DES SANS GRADE

Article publié le 01 Juillet 2013 par Stephan LAGORCE
Dans la catégorie : Divers

 

Pourquoi les coiffeurs n'affichent-ils pas "FAIT MAISON" sur leurs vitrines ? Parce qu'ils ne peuvent rien cacher, pardi ! En cuisine, rien à voir...Tout y est obscur : le chef garde ses secrets, et le commis réchauffe la blanquette au lieu de la faire...Pour longtemps ?


Le fait maison ou la révolte des sans grade
Sous l’amicale pression des syndicats professionnels et de Silvia Pinel, Ministre du Commerce et de l’Artisanat, les députés viennent de mettre à l’ordre du jour un projet de labellisation pour les restaurants préparant eux même les mets qu’ils proposent à leur clientèle plutôt que de trivialement les réchauffer. Une initiative, très similaire dans ses objectifs, avait vu le jour en 2011. Elle distinguait majestueusement les « Maitres cuisiniers », des professionnels s’engageant enfin à ne servir que des préparations élaborées sur place. Cette première tentative s’étant littéralement encalminée, puisque les consommateurs ne la connaissent absolument pas, une nouvelle tentative s’est avérée nécessaire.

Irruption donc, du « Fait Maison », terme rassurant et en vogue. Mais qui cette future affirmation concerne-elle ? Les « grandes maisons ? Nullement, le « fait maison » étant son patrimoine génétique. La restauration « intégrée, commerciale », pas le moins du monde, car son modèle économique n’y est pas toujours adapté. La foule des bistrots anonymes et restaurants de quartiers ? Oui complètement. Car ces établissements où le pire côtoie le meilleur, ne sont pas engagés dans la course aux étoiles… Au mieux, peuvent-ils espérer figurer dans un guide, bénéficier d’un article de presse… Aussi pour se distinguer les uns des autres et faire valoir leurs mérites, la mention « Fait Maison » peut-elle créer la différence entre un chef besognant lui-même sa blanquette et un second heureux de n’avoir qu’a la réchauffer… Pour autant, la blanquette sera-elle plus savoureuse ? Bien sûr que non… Car si les mauvais chefs peuvent vraiment faire des prodiges, on peut en dire autant de l’Industrie Agro-alimentaire où l’intégration des savoirs faire culinaires est devenue une réalité. Désormais, il existe une « zone grise » de la cuisine où les chefs et l’industrie sont, pourrait-on dire, au même niveau et élaborent des mets dont la « culinarité » est comparable.


C’est pourquoi l’allégation « Fait Maison » permettra essentiellement aux gourmands de se régaler avec bonne conscience, en leur permettant de ne pas douter de la qualité de leur plaisir, assurément né dans une marmite et non dans un laboratoire…

Le plaisir à ses raisons que la raison ne connaît pas.
 

LE FAIT MAISON, OU LA REVOLTE DES SANS GRADE

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